Prévention des chutes

Une chute sur trois chez la personne âgée mène à l'hôpital, et une hospitalisation sur deux à l'entrée en maison de repos. Prévenir la chute, c'est préserver l'autonomie. Voici les 15 leviers les plus efficaces, validés par la littérature gériatrique.

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Salle de bains adaptée avec barres d'appui

Les facteurs de risque à identifier

  • Troubles de la marche et de l'équilibre
  • Baisse de la vision
  • Hypotension orthostatique
  • Peur de chuter (paradoxalement majore le risque)
  • Polymédication (> 5 médicaments/jour)
  • Chute antérieure dans les 12 mois (risque × 3)
  • Diminution de la force musculaire des jambes
  • Environnement inadapté
  • Chaussures mal adaptées

Sécuriser l'intérieur

  • Enlever les tapis flottants ou les fixer avec un anti-dérapant
  • Éclairage puissant et uniforme, pas de zones d'ombre
  • Veilleuses automatiques sur tous les trajets nocturnes
  • Barres d'appui aux toilettes, à la douche, dans le couloir
  • Siège de douche + tapis antidérapant
  • Marche d'escalier contrastée (peindre la première et la dernière)
  • Pas de meuble à roulettes instable
  • Cordons électriques sécurisés hors des passages
  • Anti-monte-escaliers si nécessaire

Le bon équipement

  • Chaussures fermées, semelle non glissante, talon bas, fermées au talon (éviter les mules, tongs, chaussons lâches)
  • Canne correctement ajustée (hauteur du poignet, pli coude 20°)
  • Déambulateur à 4 roues ou avec sièges selon le profil
  • Lunettes à jour (bilan ophtalmo annuel)
  • Appareil auditif si hypoacousie (l'audition aide à la stabilité)

L'activité physique, le meilleur anti-chute

Programmes validés : Tai-Chi, exercices d'équilibre, renforcement quadriceps. 2 à 3 séances par semaine de 45 minutes. La kiné avec bilan et programme personnalisé est remboursée.

En Belgique, demandez au médecin traitant une prescription pour :

  • Bilan kinésithérapique avec pathologie lourde (Fr = "E pathology")
  • Séances de groupe équilibre dans certaines maisons de quartier, centres de jour

Médicaments à surveiller

Demandez au médecin de réévaluer régulièrement :

  • Somnifères et anxiolytiques (benzodiazépines +++)
  • Antidépresseurs tricycliques
  • Neuroleptiques
  • Antihypertenseurs à doses possiblement trop fortes (hypotension orthostatique)
  • Anticholinergiques (voir page dédiée)

Que faire après une chute ?

  1. Vérifier : conscience, douleur, impotence du membre
  2. Si doute sur une fracture ou traumatisme crânien : 112
  3. Même sans fracture apparente, consulter dans les 48h
  4. Demander un bilan chutes gériatrique en hôpital de jour : évaluation marche, équilibre, médicaments, ostéoporose
  5. Faire installer un système de téléassistance (bouton au cou)

Pourquoi Alzheimer change le problème

La prévention des chutes est bien documentée chez la personne âgée. Elle se heurte pourtant à des difficultés particulières quand s'y ajoutent des troubles cognitifs.

La consigne ne tient pas. Dire « appelle-moi avant de te lever » suppose que la personne se souvienne de la consigne au moment où elle se lève, ce qui est précisément la fonction atteinte. Répéter n'y changera rien, et l'aidant s'épuise à répéter.

La perception de l'espace se modifie aussi. Un sol brillant peut être perçu comme mouillé, un tapis foncé comme un trou, une marche mal contrastée peut ne pas être vue du tout. Certaines chutes ne viennent pas d'un problème d'équilibre mais de ce que la personne croit voir.

Enfin, le jugement du risque s'altère avant la motricité. Quelqu'un qui marche encore correctement peut monter sur une chaise pour atteindre un placard sans mesurer ce qu'il fait.

La peur de tomber, un risque en soi

Après une première chute, une réaction fréquente consiste à bouger le moins possible. C'est un piège : la réduction d'activité entraîne une fonte musculaire, qui dégrade l'équilibre, qui augmente le risque de chute. La peur produit ainsi ce qu'elle cherche à éviter.

Cette spirale se combat en maintenant l'activité, pas en la limitant. Un avis de kinésithérapeute après une chute est utile pour cela, autant que pour la récupération elle-même.

Questions fréquentes

Faut-il empêcher mon proche de se lever seul ?

Non, et les dispositifs de contention aggravent la situation : ils augmentent l'agitation, accélèrent la perte musculaire et provoquent des blessures propres. Sécuriser le parcours vaut mieux qu'empêcher le déplacement.

Un détecteur de chute a-t-il un intérêt ?

Il ne prévient pas la chute mais réduit le temps passé au sol, qui pèse lourd dans les complications. Reste à vérifier que la personne accepte de le porter, ce qui n'est pas acquis : un dispositif retiré chaque matin ne sert à rien.

Mon proche est tombé sans se blesser, faut-il consulter ?

Oui. Une chute sans conséquence visible signale souvent quelque chose : un médicament, une infection, une tension qui chute au lever, un trouble du rythme cardiaque. C'est aussi le meilleur moment pour agir, avant la chute suivante.

Le domicile reste-t-il envisageable après plusieurs chutes ?

Des chutes répétées font partie des éléments qui conduisent à reposer la question du lieu de vie, sans y répondre à eux seuls. La page quand envisager une maison de repos reprend l'ensemble des critères.

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