Pourquoi les personnes Alzheimer dorment mal ?
La maladie perturbe directement l'horloge biologique (noyau suprachiasmatique). S'y ajoutent :
- Manque d'activité en journée
- Siestes longues
- Peu d'exposition à la lumière vive
- Médicaments aux effets secondaires
- Douleurs nocturnes non verbalisées
- Envie d'uriner (nycturie)
- Anxiété, sundowning non apaisé
Les interventions non médicamenteuses
- 30 minutes d'activité physique quotidienne, même simple (promenade)
- Sieste courte, maxi 30 minutes, avant 14h
- Exposition à la lumière vive 1h le matin (voir luminothérapie)
- Horaires stables : coucher et lever à la même heure
- Pas de télé ni écran dans l'heure qui précède le coucher
- Chambre fraîche (18-19°C), sombre, silencieuse
- Tisane tilleul/verveine tiède le soir
- Pas de caféine après 14h, pas d'alcool
- Aller aux toilettes juste avant le coucher
La luminothérapie
Exposition à une lumière de 2500 à 10 000 lux pendant 30 à 60 minutes le matin. Soit via une lampe de luminothérapie médicale (vendues en pharmacie, autour de 100 €), soit en sortant au soleil.
Effet démontré sur : qualité du sommeil nocturne, réduction du sundowning, amélioration de l'humeur. À faire dès les beaux jours difficiles (octobre à mars).
Créer un rituel du soir
Un rituel stable ancre le cerveau. Par exemple :
- Dîner léger à 18h30 (pas trop tard, pas trop copieux)
- Toilette du soir à 19h30, lumière chaude et tamisée
- Musique calme ou radio classique 20h-21h
- Boisson chaude et biscuit à 21h
- Coucher à 21h30-22h
- Veilleuse dans le couloir et la chambre
Quand le médicament devient nécessaire
Si les interventions ci-dessus ne suffisent pas et que les nuits deviennent intenables :
- Mélatonine à libération prolongée (Circadin®) — souvent en première intention
- Trazodone à faibles doses (off label mais bien toléré)
- Éviter absolument : benzodiazépines longue durée (Lexotan, Lysanxia), zolpidem, antihistaminiques de 1re génération
Discussion obligatoire avec le médecin traitant. Réévaluer tous les 3 mois.
