La démence à corps de Lewy

Longtemps confondue avec la maladie d'Alzheimer ou Parkinson, la démence à corps de Lewy (DCL) est la deuxième cause de démence neurodégénérative, touchant environ 10 à 15 % des cas. Elle demande une prise en charge spécifique, notamment sur le plan médicamenteux.

Homme âgé pensif à la fenêtre — démence à corps de Lewy

Qu'est-ce que la démence à corps de Lewy ?

La démence à corps de Lewy (DCL) est une maladie neurodégénérative liée à l'accumulation anormale d'une protéine, l'alpha-synucléine, dans les neurones. Ces dépôts, appelés « corps de Lewy », perturbent le fonctionnement cérébral.

On distingue deux maladies voisines qui partagent les mêmes lésions : la démence à corps de Lewy (troubles cognitifs d'abord) et la démence de la maladie de Parkinson (troubles moteurs d'abord, cognition ensuite). La frontière est parfois floue.

Les symptômes caractéristiques

Contrairement à Alzheimer où la mémoire est touchée en premier, la DCL se manifeste souvent par :

Les fluctuations : un enjeu pour les proches

Un proche qui dialogue normalement le matin et ne reconnaît plus son conjoint l'après-midi déroute. Ces fluctuations ne sont pas « de la comédie » ni un problème psychologique : elles sont une caractéristique biologique de la maladie.

À retenir

Les fluctuations rendent le diagnostic difficile. Tenir un journal des périodes de lucidité et de confusion aide énormément le neurologue.

Comment pose-t-on le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur la conjonction de plusieurs signes (critères de McKeith révisés en 2017). Examens utiles en Belgique :

Traitement et accompagnement

Les inhibiteurs de la cholinestérase (rivastigmine, donépézil) sont souvent plus efficaces dans la DCL que dans Alzheimer, en particulier sur les hallucinations. Les traitements parkinsoniens (lévodopa) peuvent être utilisés à faibles doses.

Médicaments à éviter absolument

Attention — sensibilité aux neuroleptiques

Les neuroleptiques classiques (halopéridol, rispéridone à dose standard) peuvent déclencher une aggravation brutale et dangereuse chez les patients DCL. Ne jamais donner d'anti-psychotique sans l'avis d'un neurologue averti. Voir notre page Médicaments à éviter.

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