Gérer l'agressivité

Cris, gestes brusques, parfois coups : l'agressivité est un des symptômes les plus difficiles pour les aidants. Elle n'est presque jamais dirigée contre vous personnellement. C'est un message : douleur, peur, inconfort, besoin non dit. Décoder et désamorcer, plutôt que médicaliser d'emblée.

Aidante apaisant un proche âgé agité

Pourquoi ce comportement ?

L'agressivité est presque toujours secondaire à autre chose. Causes fréquentes :

  • Douleur non verbalisée (dentaire, constipation, arthrose, infection urinaire silencieuse)
  • Peur : un geste brusque, un inconnu, un reflet dans la fenêtre pris pour un intrus
  • Besoin non dit : faim, soif, envie d'aller aux toilettes
  • Surstimulation : télé trop forte, trop de visiteurs, bruit d'ambiance
  • Frustration : devant une tâche devenue impossible
  • Médicament inapproprié (certains somnifères, anti-reflux, anticholinergiques)

Rechercher d'abord la douleur

Toute agressivité nouvelle ou aiguë en Alzheimer doit faire rechercher une cause somatique en premier lieu : infection urinaire, dent, fécalome, otite, plaie cutanée.

Que faire sur le moment ?

  1. Sécuriser physiquement : reculer à 1,5 m, enlever tout objet dangereux, ouvrir une sortie
  2. Ne pas répondre à la colère par la colère : voix basse, gestes lents
  3. Ne pas toucher, ne pas saisir : le contact physique peut être vécu comme une agression
  4. Reconnaître l'émotion : « tu es énervé, je comprends »
  5. Distraire : changer d'espace, proposer de l'eau, mettre une chanson connue
  6. Laisser un temps sans insister — parfois 15 minutes plus tard tout est oublié
  7. Ne jamais argumenter, rationaliser ou rappeler les règles

Prévenir : les leviers de fond

  • Environnement calme, lumière douce en fin de journée
  • Rythme régulier (coucher, lever, repas)
  • Activités physiques quotidiennes
  • Pas d'alcool, limiter la caféine après 14h
  • Surveiller la constipation (cause trop souvent oubliée)
  • Éviter la solitude excessive et la surstimulation
  • Suivi médicamenteux régulier par le médecin traitant : déprescrire les psychotropes inutiles

Se protéger soi-même

Un aidant maltraité par un proche Alzheimer n'a rien à se reprocher. Les coups involontaires existent. Ce qu'il faut faire :

  • En parler au médecin traitant, consigner par écrit les épisodes
  • Ne pas rester seul(e) avec un proche violent : alterner, faire venir de l'aide
  • Envisager un centre de jour ou une unité protégée si l'agressivité est physique et récurrente
  • Consulter un psychologue : les groupes de parole Ligue Alzheimer aident

La place des médicaments

Les neuroleptiques (halopéridol, rispéridone, quétiapine) restent utilisés mais avec précaution :

  • Ils augmentent le risque d'AVC et de décès chez la personne âgée démente (+ 60 à 70 %)
  • Ils aggravent les troubles cognitifs
  • Ils peuvent être dangereux en démence à corps de Lewy

Règle : toujours en dernière intention, à la plus petite dose, pour la plus courte durée, en réévaluation régulière. Voir médicaments à éviter.

Besoin d'être écouté ou orienté ?

Un conseiller spécialisé Alzheimer en Belgique peut vous rappeler gratuitement pour faire le point sur votre situation.

Demander à être rappelé02 318 69 45

Vous êtes aidant proche et avez besoin de soutien au quotidien ?