Pourquoi ce comportement ?
L'agressivité est presque toujours secondaire à autre chose. Causes fréquentes :
- Douleur non verbalisée (dentaire, constipation, arthrose, infection urinaire silencieuse)
- Peur : un geste brusque, un inconnu, un reflet dans la fenêtre pris pour un intrus
- Besoin non dit : faim, soif, envie d'aller aux toilettes
- Surstimulation : télé trop forte, trop de visiteurs, bruit d'ambiance
- Frustration : devant une tâche devenue impossible
- Médicament inapproprié (certains somnifères, anti-reflux, anticholinergiques)
Rechercher d'abord la douleur
Toute agressivité nouvelle ou aiguë en Alzheimer doit faire rechercher une cause somatique en premier lieu : infection urinaire, dent, fécalome, otite, plaie cutanée.
Que faire sur le moment ?
- Sécuriser physiquement : reculer à 1,5 m, enlever tout objet dangereux, ouvrir une sortie
- Ne pas répondre à la colère par la colère : voix basse, gestes lents
- Ne pas toucher, ne pas saisir : le contact physique peut être vécu comme une agression
- Reconnaître l'émotion : « tu es énervé, je comprends »
- Distraire : changer d'espace, proposer de l'eau, mettre une chanson connue
- Laisser un temps sans insister — parfois 15 minutes plus tard tout est oublié
- Ne jamais argumenter, rationaliser ou rappeler les règles
Prévenir : les leviers de fond
- Environnement calme, lumière douce en fin de journée
- Rythme régulier (coucher, lever, repas)
- Activités physiques quotidiennes
- Pas d'alcool, limiter la caféine après 14h
- Surveiller la constipation (cause trop souvent oubliée)
- Éviter la solitude excessive et la surstimulation
- Suivi médicamenteux régulier par le médecin traitant : déprescrire les psychotropes inutiles
Se protéger soi-même
Un aidant maltraité par un proche Alzheimer n'a rien à se reprocher. Les coups involontaires existent. Ce qu'il faut faire :
- En parler au médecin traitant, consigner par écrit les épisodes
- Ne pas rester seul(e) avec un proche violent : alterner, faire venir de l'aide
- Envisager un centre de jour ou une unité protégée si l'agressivité est physique et récurrente
- Consulter un psychologue : les groupes de parole Ligue Alzheimer aident
La place des médicaments
Les neuroleptiques (halopéridol, rispéridone, quétiapine) restent utilisés mais avec précaution :
- Ils augmentent le risque d'AVC et de décès chez la personne âgée démente (+ 60 à 70 %)
- Ils aggravent les troubles cognitifs
- Ils peuvent être dangereux en démence à corps de Lewy
Règle : toujours en dernière intention, à la plus petite dose, pour la plus courte durée, en réévaluation régulière. Voir médicaments à éviter.
Questions fréquentes
Pourquoi une personne atteinte d'Alzheimer devient-elle agressive ?
L'agressivité est presque toujours secondaire à autre chose : une douleur non exprimée (dent, constipation, arthrose, infection urinaire), une peur, un besoin non dit comme la faim ou l'envie d'uriner, une surstimulation, une frustration devant une tâche devenue impossible, ou un médicament inapproprié. Elle n'est presque jamais dirigée contre vous personnellement.
Que faire au moment d'une crise d'agressivité ?
Reculer d'un mètre et demi, écarter les objets dangereux, garder une sortie ouverte. Parler bas et bouger lentement, sans toucher ni saisir. Reconnaître l'émotion (« tu es énervé, je comprends »), puis distraire : changer de pièce, proposer de l'eau, mettre une chanson connue. Ne jamais argumenter ni rappeler les règles. Un quart d'heure plus tard, l'épisode est souvent oublié.
Faut-il chercher une cause médicale ?
Oui, en premier lieu. Toute agressivité nouvelle ou aiguë doit faire rechercher une cause somatique : infection urinaire, douleur dentaire, fécalome, otite, plaie. Le médecin traitant doit aussi revoir les médicaments, certains somnifères, anti-reflux et anticholinergiques pouvant provoquer l'agitation.
Les neuroleptiques sont-ils une solution ?
En dernière intention seulement. L'halopéridol, la rispéridone ou la quétiapine augmentent de 60 à 70 % le risque d'AVC et de décès chez la personne âgée démente, aggravent les troubles cognitifs et peuvent être dangereux en démence à corps de Lewy. S'ils sont prescrits, ce doit être à la plus petite dose, pour la plus courte durée, avec réévaluation régulière.
Comment me protéger si mon proche devient violent ?
Un aidant frappé par un proche Alzheimer n'a rien à se reprocher. En parler au médecin traitant et consigner les épisodes par écrit, ne pas rester seul avec un proche violent, faire venir de l'aide ou alterner, envisager un centre de jour ou une unité protégée si la violence physique est récurrente, et rejoindre un groupe de parole.

