L'alimentation

40 % des personnes Alzheimer sont dénutries ou à risque. Pourtant, l'alimentation est l'un des derniers plaisirs qui persiste : un gâteau au chocolat arrive à apaiser ce que trois médicaments n'ont pas réussi. Voici les leviers pour garder le plaisir et le poids.

Personne âgée prenant un repas coloré

La dénutrition, ennemi silencieux

Une perte de 5 % du poids en 1 mois ou 10 % en 6 mois signe une dénutrition. Conséquences : fonte musculaire, chutes, infections, aggravation cognitive. Pesée mensuelle fortement recommandée.

Objectif

Un apport protéique quotidien suffisant : 1,2 à 1,5 g/kg/jour chez la personne âgée dépendante. Pour une personne de 60 kg, cela représente environ 75 à 90 g de protéines par jour.

Pourquoi la personne Alzheimer mange moins ?

  • Perte de l'odorat (précoce dans Alzheimer)
  • Perte du goût
  • Oubli du repas (oublie qu'elle doit manger, puis oublie comment)
  • Perte de l'appétit due à l'apathie
  • Problèmes dentaires, prothèses mal adaptées
  • Constipation
  • Médicaments anorexigènes
  • Dépression
  • Confusion entre salé et sucré (préfère souvent le sucré au stade avancé)

Soigner l'environnement du repas

  • Table dressée, assiette unie (éviter les motifs chargés qui désorientent)
  • Contraste visuel : nappe claire + assiette sombre, ou l'inverse
  • Éteindre la télé, limiter les conversations multiples
  • Lumière suffisante
  • Repas à heures fixes
  • Prendre le temps : 30 à 45 min
  • Manger en même temps que la personne (imitation, convivialité)
  • Ne pas presser, ne pas commenter

Adapter la texture et les saveurs

Stade avancé : finger food (morceaux à la main : boulettes, frites de légumes, quiches individuelles) permet de prolonger l'autonomie à table.

Saveurs : marquer le goût (plus de condiments, plus d'épices douces, plus de sucre si nécessaire). Ajouter de la crème fraîche, du beurre, du fromage pour enrichir sans augmenter le volume.

Que faire face au refus alimentaire ?

  1. Rechercher une cause médicale (douleur dentaire, œsophagite, constipation)
  2. Essayer 1 heure plus tard, autre lieu
  3. Adapter : si elle refuse le plat principal, proposer un dessert en premier
  4. Fractionner : 5 à 6 petits repas plutôt que 3 gros
  5. Compléments nutritionnels oraux (Fortimel®, Resource®, délivrés sur prescription — remboursement partiel par la mutuelle selon critères)

Ne pas forcer

Forcer à manger agrave l'aversion. Mieux vaut 3 bouchées dans le plaisir que 10 dans l'angoisse.

La dysphagie (fausses routes)

En fin de maladie, la déglutition se dégrade : toux aux repas, voix mouillée, pneumopathies d'inhalation. Une évaluation logopédique est indispensable.

Mesures :

  • Position assise droite, menton légèrement en avant
  • Petites bouchées, pas de parler/manger en même temps
  • Eau gélifiée ou épaississants (Nutilis®, Thick & Easy®)
  • Textures mixées ou hachées selon évaluation
  • Calme autour du repas

Besoin d'être écouté ou orienté ?

Un conseiller spécialisé Alzheimer en Belgique peut vous rappeler gratuitement pour faire le point sur votre situation.

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