Le récit d'Agnès, 63 ans
J'ai pris soin de Pierre pendant 5 ans. Un matin, je ne me suis pas levée. Je ne pouvais plus. J'ai appelé ma fille en pleurant, incapable de parler. Elle a pris le premier train. Pierre est entré en maison de repos la semaine suivante. Je n'en voulais pas, je m'étais juré de ne pas le faire. Mais j'étais au bout.
Agnès, 63 ans, Louvain-la-Neuve
L'histoire d'Agnès est banale : un épuisement progressif, des signes qu'elle a ignorés, et une rupture brutale. Le placement a été un soulagement, aussi douloureux fut-il. Pierre a trouvé un équilibre dans une unité protégée. Agnès a pu redevenir son épouse — et commencer à se soigner elle-même.
Les signes précurseurs
- Fatigue chronique qui ne cède pas au repos
- Troubles du sommeil
- Irritabilité grandissante
- Isolement, refus des invitations
- Perte ou prise de poids
- Consommation en hausse d'alcool, de tranquillisants
- Pensées « je ne peux plus », « à quoi bon »
- Négligence de sa propre santé
Les ressources qui existent — avant la rupture
- Ligne d'écoute Ligue Alzheimer : 0800 15 225
- Service social de votre mutuelle
- Psychologue de première ligne (remboursé INAMI)
- Centres de jour (voir répit)
- Hébergement temporaire en MR
- Groupes de parole (voir carte)
Rebondir après la rupture
Si la rupture est arrivée, ce n'est pas un échec. C'est un signal. Ce qu'il faut :
- Reconnaître qu'on a tenu longtemps, plus que beaucoup
- Accepter un accompagnement (médecin, psy, groupe)
- Ne pas se juger sur la décision de placer
- Reconstruire des moments avec la personne aimée, sans la charge des soins
- Prendre soin de soi, enfin
