L'errance, plus qu'une promenade perdue
L'errance est un symptôme fréquent de la maladie d'Alzheimer au stade modéré. La personne marche sans but apparent, cherche quelque chose qu'elle ne sait pas nommer, se lève la nuit et déambule.
Environ 60 % des personnes Alzheimer vont errer au moins une fois dans l'évolution de la maladie, et parmi elles, la moitié se perdra vraiment.
Pourquoi ?
- Chercher : quelqu'un (souvent un défunt), un lieu d'enfance, un travail imaginaire
- Fuir : un inconfort, une peur, un environnement jugé étranger
- Routines anciennes : « rentrer du travail », « aller chercher les enfants à l'école »
- Besoin physiologique : douleur, envie d'uriner mal identifiée, faim
- Agitation de fin de journée (sundowning)
Comprendre le déclencheur permet de prévenir plus efficacement que d'enfermer.
Sécuriser sans enfermer
- Bracelets d'identification avec numéro de téléphone
- GPS portable (montre, semelle, pendentif)
- Contrats type « retour sécurisé » avec la police locale et les voisins
- Détecteur d'ouverture de porte la nuit
- Photo récente à donner aux voisins et commerçants de quartier
- Aménagement du logement pour que la déambulation soit possible en sécurité
L'enfermement par code ou clé est à réserver aux cas extrêmes : il augmente souvent l'anxiété et l'agitation.
En cas de fugue
- Ne pas paniquer mais agir vite : les premières heures sont cruciales
- Vérifier les endroits habituels (ancien domicile, commerces de quartier)
- Appeler les voisins, les amis
- Contacter la police avec photo récente et description
- Prévenir l'hôpital le plus proche
- En Belgique, demander le plan « Child Focus Silver » ou équivalent local
Après
Une fugue doit déclencher une réévaluation : les mesures prises jusqu'ici sont-elles suffisantes ? Faut-il envisager un centre de jour, une unité protégée ?
